« J’espère être à la hauteur et honorer mes origines à travers l’art du tatouage. », Makalio Folitu’u

tatouage wallisien

Makalio Folitu’u, néo-calédonien d’origine wallisienne, est une référence dans le domaine du tatouage polynésien. Cela fait maintenant une dizaine d’année qu’il réside et tatoue à Tahiti. Grâce à son talent, il a remporté des prix à l’international, le dernier étant celui remporté à Seattle en 2017 lors du Festival international du tatouage. Et ce n’est pas tout ! Cette année, l’artiste s’est également lancé dans la mode. Makalio a dessiné les motifs de la robe de Vaimalama Chaves, Miss France 2018. 

Makalio, comment vous êtes-vous lancé dans cette aventure ? Quel a été votre parcours ?

J’ai intégré le centre des Métiers d’Arts de Tahiti en 1996 durant 3 ans. J’y ai acquis mon diplôme de gravure. Je suis ensuite rentré dans la vie active en passant par la bijouterie d’art, la fabrication de maquette d’impression sur textile pour la marque Tahiti Art et l’encadrement dans une galerie d’art.

Durant mon année sabbatique, je me suis fortement intéressé à mes origines – polynésiennes – et à ma culture. J’ai rencontré de nombreux artistes tatoueurs qui m’ont poussé à me lancer dans le dessin et le tatouage. C’est comme ça que j’ai choisi cette méthode, le tatouage, pour exprimer mes émotions et mon art. Selon mes parents, j’étais né pour ça ! (rires)

D’où vient cette passion pour le tatouage polynésien ? 

Les différentes cultures du Pacifique sont très nombreuses et très riches en motifs. Il existe une multitude de symboles et de significations qui, après tant d’années passées à les étudier, me surprennent encore. Cette richesse me permet de raconter une histoire et de laisser libre court à ma créativité et c’est ça qui est intéressant. C’est ça qui me passionne.

Qu’est-ce qu’il faut pour devenir un excellent tatoueur ? 

Premièrement, avoir une bonne base de dessin et/ou aimer dessiner. Ensuite, il faut connaître les motifs et accroître petit à petit ses connaissances culturelles. Il faut faire des recherches sur l’histoire de ces motifs et de ses cultures. Cela permet d’évoluer et de se perfectionner.

Bref, il faut être à l’écoute, attentif, curieux et surtout passionné. 👍

Makalio, vous êtes néo-calédonien avec des origines wallisiennes. Est-ce que le patrimoine de vos parents vous inspire ?

Oui, énormément. C’est une culture très riche de part ses traditions, ses danses, ses chants, son artisanat et ses coutumes. J’ai été à la recherche de mon identité durant une longue période. J’ai de la chance d’avoir encore mes parents à mes cotés pour m’inculquer et m’instruire sur l’histoire de mes origines et de mes ancêtres qui ont marqué l’histoire de Wallis et Futuna. 

tatouage wallisien

Aujourd’hui, vous habitez toujours à Tahiti tout en étant attaché à la Calédonie et aux origines de vos parents. Est-ce que c’est ça pour vous être un océanien, un mélange de culture ? 

Je pense que oui, il y a tellement d’ethnies dans le Pacifique. J’ai grandi en Nouvelle Calédonie et cela m’a permis de connaître les avantages et les inconvénients du métissage. En habitant a Tahiti, je me suis rendu compte que chacun était à la recherche de son identité culturelle et j’ai créé le mix des cultures au travers du tatouage afin d’apporter la paix pour chacun.

Comment faites-vous vivre ces différentes richesses culturelles dans vos créations ?

Je suis très attaché à la culture wallisienne et futunienne. J’aime chaque motif et chaque courbe qui en résultent. J’espère être à la hauteur et honorer mes origines à travers l’art du tatouage.

Est-ce que vous avez suivi le référendum de Nouvelle Calédonie ? En cette nouvelle année 2019 que souhaitez-vous pour la Calédonie ? 

Je souhaite que la paix et la tolérance reprennent leur place dans la vie des calédoniens, qu’ils retrouvent l’équilibre et qu’ils soient fiers du métissage qui constitue leur pays.

Quels sont les projets pour cette nouvelle année ? Des projets dans la mode peut-être pour continuer sur votre lancée de cette fin d’année avec l’élection de Miss France ? 

Pourquoi pas ? Plusieurs déplacements sont prévus pour cette année.

Est-ce qu’on aura la chance de vous voir dans des conventions internationales en France ou ailleurs ? 

Avec l’arrivée de la concurrence aérienne, il est désormais possible d’effectuer plus facilement des déplacements vers l’étranger. Avec mon équipe, nous essaierons de satisfaire les demandes.


Découvrez le parcours de Moana, premier tatoueur futunien en France ici.


Avez-vous un message pour notre jeunesse, pour ceux et celles qui rêvent de se lancer dans le tatouage ? 

J’aimerai tout simplement dire que le tatouage est une vocation, c’est un art ancestral qui mérite qu’on le respecte. Informez vous, cultivez-vous et évoluez sans cesse dans la pratique et la recherche des motifs. Soyez reconnaissants envers ceux qui nous ont légué ce patrimoine en restant humble. Rien n’est jamais acquis, j’ai moi même encore soif de connaissances. Soyez passionné et ne soyez pas avare. Le partage permet l’union et c’est une force dont nous avons besoin pour avancer.

Encore un bel exemple de réussite pour nos petites îles du Pacifique. N’hésitez pas à suivre Makalio sur Facebook et sur Insta ! 🙂